A L EPOQUE ON ME POSAIT TROP DE QUESTIONS
Le Hip Hop, c'est cette culture populaire, celle de la rue où se produisent danseurs , musiciens , mimes et autres acrobates pour le plus grand bonheur des passants. Anne Lemaire est avec nous aujourd'hui pour nous parler d'un spectacle original, organisé en collaboration avec, d'une part, la Fondation Jacques Gueux, une association centrée sur les cultures urbaines, et le centre culturel Jacques Franck à Bruxelles (Saint-Gilles). Ils présentent "La Ruina Fe L'couzina", le désordre dans la cuisine, une première chorégraphie de Saïd Ouadrassi qui marie exubérance Hip Hop et scène traditionnelle.
Anne Lemaire , c'est vous qui le dites:
Ce spectacle est particulier. Je pense que c'est la première fois, en tout cas en Communauté Française, qu'un danseur de Hip Hop chorégraphie un spectacle qui est accueilli dans un lieu professionnel et reconnu. Ce n'est pas un danseur contemporain ou un danseur déjà reconnu dans le milieu culturel qui utilise des danseurs de Hip Hop, de Break Dance ou des cultures populaires. Saïd Ouadrassi a chorégraphié un spectacle pour quatre danseurs de break dance, des danseurs qu'on voit dans la rue, dans les galeries, qui tournent sur la tête, qui sont très acrobatiques. Très reconnus dans les milieux populaires et les quartiers, ils ne le sont pas vraiment au niveau professionnel, au niveau culturel, dans le sens un peu classique qu'on peut donner à ce terme. Saïd Ouadrassi utilise aussi deux vélos, deux mountain bike, des "instruments" qu'on peut voir aussi parfois dans la rue, devant la bibliothèque royale par exemple, avec des jeunes qui les utilisent pour des acrobaties sur les escaliers, etc.. Là, ils font des acrobaties sur un plateau, celui du Jacques Franck, en utilisant les éléments de la scénographie de Saïd Ouadrassi. Cela me semble donc intéressant et un peu particulier. Je trouve qu'il y a là une forme de reconnaissance des arts populaires, des arts de la rue, en les amenant vraiment vers quelque chose de plus professionnel que ce qu'on a l'habitude de voir. Ce sont aussi des formes d'art qui touchent les publics plus populaires, et les publics immigrés y sont très sensibles. Et je suis assez contente de voir que cela peut se faire dans un cadre vraiment reconnu.
q: N'est-il pas paradoxal de voir cet art dit populaire tout d'un coup sur scène, alors qu'au départ, il s'agit d'un art qui se pratique dans la rue?
r: C'est cela, le défi que doit relever Saïd Ouadrassi: celui d'arriver à amener ça sur un plateau sans enlever les qualités de spontanéité, d'improvisation et d'un peu de folie de ces formes artistiques. Il s'agit donc d'arriver à structurer sa pièce, à la construire réellement, mais sans que le Hip Hop perde les qualités qui font tout son charme. Et ça, c'est un peu son travail, son défi.
Pour ceux qui sont intéressés par cette culture Hip Hop, le spectacle de La Ruina Fe L'couzina /LESSER MOI UN SMS/
Une séquence produite par Claudine ARNOLDY